
YVES LACROIX • "The Villains" • 2024
"The more successful the villain, the more successful the picture"
Alfred Hitchcock
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L’univers du polar a ceci de fascinant qu’il réveille nos peurs secrètes, notre fascination enfouie pour le "mal", cette fascination que nous dominons mais qui peut resurgir à tout moment.
Plus jeune je remarquais : les James Bond sont meilleurs quand le méchant est fort et charismatique. J’aime créer des univers. Des univers auxquels je donne naissance par des images, des photographies. Ces visions sont comme des représentations arrêtées d’un film qui se projette en moi.
Je suis un photographe et je rêve de cinéma.
Avec la série "The Villains", sur laquelle je travaille depuis plus de dix ans, je souhaite porter un regard sur la violence dans notre société au travers d’un hommage à ces personnages antagonistes qui sont devenus mes messagers.
Dans ces tableaux que je veux cinématographiques, j’élabore des scènes de films, je crée des images arrêtées que je veux fortes, impactantes, tendues et souvent paraboliques.
Tout en réalisant des images fixes, je rêve que ces instants figés s’animent. Je suis amoureux de quasiment chacun des plans des films de Sergio Leone, maître absolu du genre, mais aussi des thrillers de Nicolas Winding Refn, David Lynch ou encore Na Hong-jin. Mon univers est habité par cette culture du film.
En prenant le spectateur par la main je l’emmène à la croisée des chemins, c’est ensuite à lui d’imaginer le film de cette histoire. Ce "cinéma", né dans mon imagination, déroule ensuite son scénario dans l’esprit du spectateur. C’est à lui de finir le film à son corps défendant ou pour son plus grand plaisir. Un souffle nouveau est ainsi donné aux obsessions et fantasmes qui sont les miens.
En mêlant violence, absurde, ironie, cauchemars et réflexion sur notre société, je souhaite aussi que le spectateur puisse parfois remettre en question ses propres préjugés.
"The Villains" nous invite aussi parfois à nous interroger sur ce que nous définissons comme le "mal", une notion variable, une valeur morale qui peut être ainsi considérée sous différents angles.
Et comme dans tous les bons polars, pour que l’univers d’une histoire soit réellement fascinant, il faut qu’on ait affaire à un "vrai méchant". Plus le "vilain" s’avère cruel et maléfique, plus la puissance d’un film s’en trouve décuplée et son héros grandi, et sans doute nos interrogations sur le sujet n’en sont que renforcées.
C’est tout cela que ma série "The Villains" tente de mettre en lumière.




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